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- Objet d'étude
- Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
- Parcours
- « Mensonge et comédie »
- Voie
- Voies générale et technologique
- Auteur
- Pierre Corneille
- Date
- 1644
Résumé de « Le Menteur »
Créé en 1644, Le Menteur est le retour éclatant de Corneille à la comédie après la série des grandes tragédies (Le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte). Adaptée d'une comédie espagnole, La verdad sospechosa de Juan Ruiz de Alarcón — que Corneille croyait alors de Lope de Vega —, la pièce, en cinq actes et en alexandrins, transpose l'intrigue dans le Paris moderne des Tuileries et de la place Royale. Elle passe pour l'ancêtre de la grande comédie de caractère française, celle dont Molière héritera.
Un menteur virtuose
Dorante, jeune provincial frais émoulu de ses études de droit à Poitiers, débarque à Paris décidé à briller. Flanqué de Cliton, valet ébahi engagé sur l'heure, il aborde aux Tuileries deux jeunes femmes, Clarice et Lucrèce. Pour séduire la plus vive — Clarice —, il s'invente un an de guerres en Allemagne, puis improvise le récit somptueux d'une fête nocturne sur l'eau qu'il aurait donnée la veille pour une belle : musique, collation, feux d'artifice — tout est faux, tout est brillant. Premier engrenage : renseigné de travers, Dorante croit que la jeune femme qui lui a plu s'appelle Lucrèce. Second engrenage : Alcippe, fiancé secret de Clarice depuis deux ans, se persuade que la fête était pour elle et sombre dans la jalousie.
Le mensonge contre le mariage
Géronte, père de Dorante, a justement choisi pour lui un parti idéal : Clarice. Mais Dorante, qui croit aimer « Lucrèce », se dérobe par un chef-d'œuvre d'invention : il confesse à son père un mariage secret contracté à Poitiers — récit rocambolesque de nuit, d'alarme et d'épée qui l'aurait contraint d'épouser. Le brave Géronte le croit et renonce. De son côté, Clarice, prévenue des vantardises du bel inconnu, le met à l'épreuve : de nuit, sous le nom et à la fenêtre de Lucrèce, elle fait parler Dorante — qui jure son amour à une voix, tandis que les deux amies concluent qu'il ment comme il respire. Mais Lucrèce, elle, commence à se troubler.
La machine s'emballe
Menteur en cascade, Dorante raconte à Cliton qu'il s'est battu en duel et a laissé Alcippe pour mort — Alcippe surgit aussitôt, frais et joyeux. Il achète Sabine, la suivante de Lucrèce, pour porter ses billets ; il invente à Géronte, qui s'impatiente de connaître sa bru, une grossesse qui interdit tout voyage. Chaque mensonge en appelle un autre, et Cliton, mémoire vivante des fables de son maître, ne sait plus lesquelles courent encore.
Le triomphe paradoxal du menteur
Tout se défait à l'acte V : Géronte apprend qu'il n'y a jamais eu de mariage à Poitiers et laisse éclater sa honte de père et de gentilhomme trompé. Pris au piège de la confusion des noms — la « Lucrèce » qu'il aimait était Clarice, promise et rendue à Alcippe —, Dorante ne se démonte pas : en une pirouette finale, il soutient qu'il aime la vraie Lucrèce, dont la main lui est accordée. Le menteur n'est pas puni : il retombe sur ses pieds, et Cliton clôt la pièce en invitant plaisamment le public à admirer l'artiste. Cette absence de châtiment, qui gênera les moralistes, fait toute la modernité de la pièce.
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S’entraîner sur « Le Menteur »
Choisissez un passage étudié en classe. Relisez-le, expliquez son mouvement à voix haute, puis justifiez votre interprétation avec deux détails du texte. Pour l’entretien, préparez une raison personnelle de votre choix d’œuvre et un passage qui l’illustre.
