Pour un oui ou pour un non : résumé et analyse
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- Objet d'étude
- Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
- Parcours
- « Théâtre et dispute »
- Voie
- Voies générale et technologique
- Auteur
- Nathalie Sarraute
- Date
- 1982
Résumé de « Pour un oui ou pour un non »
Pour un oui ou pour un non (1982) est la dernière pièce de Nathalie Sarraute, figure du Nouveau Roman. D'abord écrite pour la radio, créée à la scène en 1986, elle porte au théâtre ce que l'écrivaine explore depuis Tropismes (1939) : les mouvements intérieurs infimes — attirances, replis, agressions microscopiques — qui circulent sous les paroles les plus banales. La pièce, très courte, sans décor notable ni intrigue extérieure, met face à face deux amis de toujours, désignés seulement par H.1 et H.2, et fait d'une inflexion de voix la matière d'une tragédie intime. L'œuvre est sous droits : il faut acheter ou emprunter le texte pour le lire en entier.
La demande d'explication
H.1 vient demander à H.2, qui s'est éloigné sans explication, ce qui s'est passé entre eux. H.2 élude — il n'y a « rien », rien qu'on puisse dire —, puis finit par céder : il y a bien quelque chose, mais quelque chose d'indicible, dont on n'ose pas faire état parce que ce n'est « rien ». Toute la pièce tient dans ce paradoxe initial : la brouille la plus grave naît de ce qui ne mérite même pas d'être nommé.
L'aveu : « C'est bien… ça… »
Pressé de s'expliquer, H.2 exhume le grief : un jour où il lui annonçait une réussite, H.1 lui a répondu « C'est bien… ça… » — avec ce suspens entre « bien » et « ça », cet accent condescendant qui remettait H.2 à sa place, celle d'un inférieur qu'on encourage de haut. H.1 proteste : c'est de la folie, on ne rompt pas pour une intonation. S'engage alors une lutte serrée autour de la réplique, rejouée, auscultée, disséquée — le langage devient le champ de bataille, et chaque mot un aveu des places que chacun assigne à l'autre.
Les témoins et les deux camps
Pour trancher, on appelle les voisins, H.3 et une femme, F. : le « tribunal » improvisé écoute, ne perçoit rien de grave, conclut à une querelle insignifiante — une brouille « pour un oui ou pour un non ». Loin d'apaiser la dispute, ce verdict la creuse : ce que les autres ne voient pas, c'est précisément ce qui sépare les deux amis. La querelle change alors d'échelle et révèle deux rapports au monde inconciliables : H.1 du côté de la vie réglée, des réussites mesurables, des catégories reçues ; H.2 du côté du non-classable, des instants suspendus — comme ce vers de Verlaine, « La vie est là, simple et tranquille », qui lui revient devant un vieux mur, et que H.1 ne peut recevoir sans le rabattre sur du connu.
La rupture
Chacun somme l'autre de reconnaître le mépris caché dans ses paroles ; chacun s'y refuse. La rupture, d'abord impensable, devient inévitable, puis assumée : ils sont bien de deux camps ennemis, et c'est entre « oui » et « non » — les deux mots les plus simples de la langue — que tout se joue jusqu'à la dernière réplique. La pièce s'achève sur cet affrontement nu, sans réconciliation : il aura suffi d'un oui ou d'un non.
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S’entraîner sur « Pour un oui ou pour un non »
Choisissez un passage étudié en classe. Relisez-le, expliquez son mouvement à voix haute, puis justifiez votre interprétation avec deux détails du texte. Pour l’entretien, préparez une raison personnelle de votre choix d’œuvre et un passage qui l’illustre.