Le roman est au programme du bac 2027 avec le parcours « Le roman et l'invention de l'amour ». Ses personnages sont peu nombreux mais leurs rapports sont codifiés, et c'est ce code qu'il faut connaître. Le texte est disponible en lecture intégrale, et notre fiche bac complète ce guide.
Lancelot, le chevalier sans nom
Détail que les correcteurs apprécient : pendant les trois mille premiers vers, le héros n'a pas de nom. On l'appelle « le chevalier de la charrette », par l'infamie qu'il a acceptée. Son nom, Lancelot du Lac, n'apparaît qu'au moment où Guenièvre le prononce.
Il est défini entièrement par son obéissance amoureuse. Il monte dans la charrette des condamnés après deux pas d'hésitation, franchit le pont de l'épée à mains nues, et combat volontairement au pire de lui-même quand la reine le lui ordonne. Ce n'est pas un héros de force, c'est un héros de soumission.
Guenièvre, celle qui juge
La reine n'est pas un objet passif. C'est elle qui fixe la règle et qui sanctionne : à leur première retrouvaille, elle lui reproche ses deux pas d'hésitation, qui prouvent qu'il a mis son honneur avant elle.
Elle décide de tout — de la faveur comme de la disgrâce — et le roman fait d'elle l'instance morale, à la place du roi.
Méléagant et Bademagu, le fils et le père
Méléagant, fils du roi de Gorre, enlève la reine et incarne la force brutale et la déloyauté. Il refuse les règles du combat, tend des pièges, emprisonne Lancelot dans une tour.
Bademagu, son père, est son exact contraire : il désapprouve son fils, protège Lancelot et fait respecter les usages. Chrétien évite ainsi le manichéisme — le royaume adverse n'est pas mauvais, seul le fils l'est.
Arthur, Keu et Gauvain
Arthur surprend toujours les élèves : il laisse enlever sa femme sans réagir, lié par une promesse imprudente. Il est présent et impuissant, ce qui libère la place du héros.
Keu, le sénéchal vantard, obtient la mission d'escorter la reine par chantage et échoue immédiatement. Il sert de contre-exemple.
Gauvain est le point le plus intéressant. Il est le chevalier parfait de la cour arthurienne, courtois, brave, irréprochable — et il échoue. Il prend le pont sous l'eau, s'y noie presque, et arrive après la bataille. Chrétien démontre ainsi que la perfection chevaleresque ordinaire ne suffit pas : seul l'amour absolu permet l'exploit.
Le personnage qu'on oublie : l'auteur
Chrétien indique dans son prologue que la matière et le sens lui viennent de Marie de Champagne, et il laisse la fin du roman à Godefroi de Lagny. Deux informations à placer dans une copie : elles montrent que l'œuvre est une commande et un travail collectif.
Pour les sujets de dissertation, voir notre guide des sujets probables, et pour l'autre grand couple médiéval, notre analyse de Tristan et Iseut.
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