Écrit tardivement, en 1924, ce roman raconte les débuts du personnage : c'est le récit des origines d'Arsène Lupin, et l'un des meilleurs de la série. Il est disponible chez nous en livre audio intégral, dans une version de 6 heures et 35 minutes.

Lupin avant Lupin

Nous sommes en 1894. Le héros a vingt ans, s'appelle encore Raoul d'Andrésy, et n'est rien : ni cambrioleur célèbre, ni maître du déguisement. Il assiste par hasard au jugement clandestin d'une femme par une assemblée de notables normands, et sauve la condamnée.

Cette femme est Joséphine Balsamo, qui se dit fille du comte de Cagliostro et prétend avoir près de cent ans sans avoir vieilli. Leblanc laisse planer l'explication surnaturelle assez longtemps pour qu'elle devienne inquiétante, avant de la ramener au terrain des faits.

Une rivalité et une éducation

Le livre est la course entre les deux, chacun cherchant le trésor des moines cauchois. Mais son vrai sujet est ailleurs : c'est Joséphine qui fabrique Lupin. Elle lui apprend la ruse, la patience, le mépris du danger, et surtout la manière de disparaître.

Elle lui apprend aussi ce qu'il ne veut pas devenir. Elle tue, froidement, ce que Lupin refusera toujours de faire — et cette ligne, tracée dans ce roman, définit le personnage pour toute la série.

S'y ajoute Clarisse d'Étigues, le premier amour, et le choix que Raoul doit faire entre deux femmes qui représentent deux vies possibles.

Où le placer dans la série

Chronologiquement, c'est le premier — il précède tout ce que raconte le recueil fondateur. Mais il a été écrit dix-sept ans après, et il suppose que le lecteur connaisse déjà le personnage pour apprécier ce qu'il apprend de sa formation.

Mon conseil : lisez-le en troisième, après Arsène Lupin gentleman-cambrioleur et L'Aiguille creuse. L'effet est bien meilleur.

L'écoute

Six heures et demie, chapitres courts, décors normands — falaises, manoirs, abbayes en ruine. C'est le Lupin le plus atmosphérique, et la voix sert particulièrement les scènes de nuit sur la Seine.