Dix-septième volume des Rougon-Macquart, publié en 1890, c'est le roman policier de Zola — et son livre le plus noir. Notre version intégrale dure 10 heures et 47 minutes : l'écoute complète. Le texte reste disponible en lecture intégrale.

Le chemin de fer comme monde

Tout se passe sur la ligne Paris-Le Havre : les gares, les maisons de garde-barrière, les cabines de conduite, les remises. Zola avait obtenu de monter sur une locomotive pour écrire ces pages, et cela s'entend — la machine, la Lison, est décrite avec une précision technique doublée d'une sensualité assumée.

Le train sert aussi de figure : une masse lancée à pleine vitesse que personne ne peut arrêter, et qui traverse la nuit sans voir ce qu'elle écrase. La dernière page, avec un train sans conducteur chargé de soldats partant pour la guerre de 1870, est l'une des plus fortes de tout le cycle.

Une accumulation de meurtres

Il y en a plusieurs, commis par des personnages différents et pour des raisons différentes. Roubaud tue par jalousie et calcul. Jacques Lantier tue parce qu'il est saisi, devant une femme désirée, d'une envie de meurtre qu'il combat depuis l'adolescence. Flore tue par vengeance, en faisant dérailler un train entier.

C'est là que le titre prend son sens. Zola veut montrer une pulsion archaïque, héritée, qui remonte sous le vernis de la civilisation la plus mécanisée de son temps — et il place cette bête au cœur du progrès, dans la cabine d'une locomotive.

À l'écoute

Le roman est très rythmé, avec des chapitres courts, beaucoup de scènes nocturnes et un suspense réel : c'est probablement le Zola le plus facile à écouter d'une traite. Dix heures et demie, en une dizaine de séances.

Attention tout de même : plusieurs scènes sont difficiles, notamment celles qui concernent Séverine et son passé. Ce n'est pas un livre à mettre en fond sonore.

Voir notre analyse de La Bête humaine, et pour d'autres volumes du cycle, Nana et La Curée.