La Curée est le deuxième volume des Rougon-Macquart, publié en 1871, et le premier grand roman parisien de Zola. Le titre vient de la chasse : la curée, c'est le moment où l'on abandonne aux chiens les entrailles de la bête. Le sujet est le Paris d'Haussmann, dépecé par les spéculateurs.
Le roman est disponible en lecture intégrale et en livre audio de 8 heures et 55 minutes.
L'argent
Aristide Rougon, arrivé de province sans rien, prend le nom de Saccard et se fait embaucher à l'Hôtel de Ville. Il y a accès aux plans des futures percées — les boulevards que le préfet Haussmann va ouvrir dans le vieux Paris — et comprend avant tout le monde qu'il suffit d'acheter ce qui sera exproprié.
Zola décrit le mécanisme avec une précision de dossier : sociétés écrans, faux baux, indemnités gonflées, immeubles achetés pour être détruits. La grande scène du restaurant, où Saccard trace au couteau sur la nappe les entailles à venir dans Paris, est restée célèbre.
Le scandale
L'autre moitié du roman est domestique. Saccard a épousé Renée pour de l'argent ; elle s'ennuie dans un hôtel particulier du parc Monceau, s'étourdit de robes et de fêtes, et finit par avoir une liaison avec Maxime, le fils que son mari a eu d'un premier mariage.
Zola construit ouvertement cette intrigue sur le modèle de Phèdre, qu'il fait d'ailleurs jouer devant ses personnages. La transgression n'est pas là pour choquer : elle est le symptôme d'un monde où plus rien n'a de valeur fixe, ni les immeubles, ni les liens de famille.
Ce qu'il faut en retenir
C'est le roman qui installe la méthode des Rougon-Macquart : un milieu, un mécanisme économique, une famille, et la démonstration que les trois se commandent. Zola l'a écrit à trente ans, juste après la chute de l'Empire qu'il décrit — il fallait un certain aplomb pour publier cela en 1871.
Pour l'écoute, neuf heures se répartissent en sept chapitres longs ; ce n'est pas un livre à fragmenter en dix minutes, chaque chapitre étant construit d'un bloc.
Pour la suite du cycle, voir notre Nana en livre audio — Zola y reprend le même monde vingt ans plus tard — et Au Bonheur des Dames, où Octave Mouret fait avec le commerce ce que Saccard fait ici avec la pierre.
Avez-vous des questions ?
Nos experts vous répondent !
Connectez-vous pour poser votre question.
Se connecterChargement…