Nana, neuvième volume des Rougon-Macquart, paraît en 1880 et se vend à des dizaines de milliers d'exemplaires en quelques jours. C'est le roman le plus bruyant de Zola — foules, théâtre, champs de courses, dîners qui tournent mal — et c'est ce qui le rend particulièrement efficace à l'écoute.
Notre version intégrale dure 12 heures et 14 minutes : l'écoute complète, et le texte reste disponible en lecture intégrale.
De qui il s'agit
Nana est la fille de Gervaise, l'héroïne de L'Assommoir. Zola la reprend adulte : elle débute au théâtre des Variétés dans une opérette où elle ne sait ni chanter ni jouer, et où elle triomphe pour une seule raison, que la première scène du roman expose sans détour.
Le livre suit ensuite sa carrière de courtisane et la ruine méthodique de tous ceux qui l'approchent — le comte Muffat au premier chef, chambellan de l'impératrice, dont la déchéance occupe la moitié du roman.
Pourquoi l'écoute sert ce livre
Parce que Zola écrit ici par grandes scènes collectives, et qu'elles sont construites comme des morceaux d'orchestre. La première au théâtre, le Grand Prix de Paris à Longchamp, le souper qui dégénère : dans chacune, des dizaines de voix se croisent, et le narrateur passe de l'une à l'autre sans transition. Lu vite, cela peut sembler confus ; dit à voix haute, cela devient une rumeur, ce qui est exactement l'effet cherché.
Douze heures se répartissent bien en quatorze chapitres d'environ cinquante minutes — un chapitre par trajet.
Ce que Zola démontre
Il l'a écrit dans ses notes préparatoires : Nana est « la mouche d'or », née de la pourriture des faubourgs et remontée corrompre les puissants. Le roman est donc un mécanisme social autant qu'un portrait — la société qui a produit la misère se fait détruire par ce qu'elle en a tiré.
La dernière page est célèbre pour sa brutalité : Nana meurt de la petite vérole dans une chambre d'hôtel, le visage défiguré, pendant que sous les fenêtres la foule crie « À Berlin ! ». On est en juillet 1870. Zola fait mourir son héroïne et son Empire dans le même paragraphe.
Notre analyse de Nana reprend cette construction en détail, et notre article sur Au Bonheur des Dames montre l'autre visage du même Paris.
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