Ce que le parcours annonce des sujets
Le Cahier de Douai est au programme avec le parcours « émancipations créatrices » — deux mots qu'il faut prendre au sérieux, car les sujets de dissertation en sortiront. Émancipation : de quoi Rimbaud se libère-t-il ? De la famille, de l'école, de la religion, de Charleville, mais aussi des règles poétiques héritées. Créatrices : cette libération n'est pas que révolte — elle invente une nouvelle manière d'écrire. Tout sujet croisera ces deux dimensions : la rupture et ce qu'elle fabrique.
Sujet 1 : « Le Cahier de Douai est-il seulement l'œuvre d'un poète révolté ? »
Le sujet type par excellence, avec son « seulement » qui appelle un plan par dépassement. I. Oui, la révolte est partout : contre l'ordre bourgeois (« À la musique »), la religion (« Le Châtiment de Tartufe »), la guerre et l'Empire (« Le Mal », « Rages de Césars »). II. Mais la révolte n'est pas tout : le recueil est aussi celui de la fugue heureuse, de la sensualité naissante (« Première soirée », « Les réparties de Nina »), de l'éblouissement sensoriel (« Sensation », « Ma Bohème »). III. Surtout, la vraie révolte est poétique : détournement du sonnet, ironie contre les clichés lyriques, insolence de la rime — se libérer, chez Rimbaud, c'est d'abord écrire autrement. La chute du « Dormeur du val » n'est pas un cri : c'est un dispositif.
Sujet 2 : « En quoi la fugue est-elle chez Rimbaud une expérience poétique ? »
Plan thématique possible. I. La fugue réelle — Rimbaud a fugué trois fois en 1870, et les poèmes en gardent la trace concrète : routes, auberges, ciels d'octobre. II. La fugue comme naissance du regard : marcher, c'est voir autrement — « Ma Bohème » transforme la misère du fugueur (poches crevées, unique culotte) en royauté imaginaire. III. La fugue comme art poétique : le vagabondage devient le modèle même de l'écriture rimbaldienne, libre, rapide, insoumise — « Mon auberge était à la Grande-Ourse ».
Sujet 3 : « Seize ans : faiblesse ou force du recueil ? »
Sujet plus retors, qui invite à interroger la jeunesse comme posture créatrice. I. Une œuvre d'apprentissage, qui imite et parodie ses modèles (Hugo, Banville). II. Mais l'adolescence est aussi la matière du recueil : premiers désirs, premières colères — nul n'a mieux écrit les seize ans que ce poète de seize ans (« On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans »). III. Et l'insolence de la jeunesse devient méthode : n'ayant rien à perdre ni à défendre, Rimbaud ose ce que les poètes installés ne peuvent plus oser.
Pour nourrir vos copies
Une dissertation sur œuvre exige des exemples précis : révisez avec notre fiche complète du Cahier de Douai (résumé, parcours, citations commentées) et notre sélection de citations à connaître. L'œuvre est courte : relisez-la intégralement la veille des révisions — vous pouvez la lire gratuitement sur Vinteuil. Le reste du programme est sur la page bac 2027.
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