Publié en 1870, ce roman reprend exactement là où De la Terre à la Lune s'était arrêté cinq ans plus tôt : le coup de canon vient d'être tiré. Il est disponible en lecture intégrale et en livre audio de 5 heures et 11 minutes.

Un huis clos dans l'espace

Trois hommes dans un projectile de quelques mètres : Barbicane le président du Gun Club, le capitaine Nicholl son rival de toujours, et Michel Ardan, le Français exubérant dont le nom est l'anagramme de Nadar, ami de Verne et pionnier de la photographie aérienne.

Le roman est presque entièrement conversation. Les trois hommes observent, mesurent, se disputent, calculent leur trajectoire, expliquent la sélénographie au lecteur. C'est un livre de savants enfermés, et le comique vient du contraste entre la situation extraordinaire et le sérieux imperturbable des dialogues.

Les scènes qui restent

Le chien Satellite, mort pendant le voyage, est éjecté par le sas — et reste à flotter le long du projectile, à la même vitesse, comme un compagnon macabre. Verne comprend et met en scène le principe de l'apesanteur relative avec une justesse qui étonne encore.

Puis le survol de la face cachée, que personne n'avait jamais vue et que Verne se garde bien de décrire trop précisément : ses voyageurs passent au moment où elle est dans l'ombre, et n'en aperçoivent que des lueurs. Prudence de romancier scientifique — il ne prétend savoir que ce qu'on peut déduire.

L'échec, et pourquoi il est réussi

Le projectile manque la Lune. Il la contourne, repart, et retombe vers la Terre. L'expédition rate complètement son objectif, et c'est ce qui rend le livre intéressant : Verne refuse la facilité de l'alunissage, qu'il savait invraisemblable avec les moyens décrits.

Reste l'amerrissage dans le Pacifique et le repêchage par un navire — scène que les équipages d'Apollo ont vécue exactement un siècle plus tard, ce qui a beaucoup fait pour la légende du Verne prophète.

Cinq heures, à écouter à la suite du premier

Les deux romans ne font qu'un et l'enchaînement est immédiat. Ensemble, environ huit heures et quart : c'est le format le plus accessible de Verne, très en dessous des dix-huit heures de L'Île mystérieuse.