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- Objet d'étude
- La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle
- Parcours
- « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux »
- Voie
- Voies générale et technologique
- Auteur
- Françoise de Graffigny
- Date
- 1747
Le programme porte sur l'édition augmentée de 1752 (41 lettres, avec l'introduction historique et les lettres XXVIII, XXIX, XXX et XXXIV sur la condition des femmes). Le texte en ligne sur Vinteuil est celui de l'édition originale de 1747 (38 lettres) : il ne contient pas ces quatre lettres. Utilisez l'édition demandée par votre professeur pour les citations.
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Résumé de « Lettres d'une Péruvienne »
Publiées anonymement en 1747, les Lettres d'une Péruvienne de Françoise de Graffigny sont l'un des grands succès du siècle : rééditions et traductions se multiplient dans toute l'Europe. L'édition définitive de 1752, augmentée de trois lettres et d'une « Introduction historique » sur l'empire inca nourrie de Garcilaso de la Vega, compte quarante et une lettres. Roman épistolaire à une seule voix — celle de Zilia, jeune Péruvienne arrachée à son monde —, le livre croise le regard étranger à la manière des Lettres persanes et une histoire d'amour qui refuse tous les dénouements convenus.
L'arrachement
Zilia, Vierge du Soleil promise à Aza, prince du sang des Incas, est enlevée par des soldats espagnols qui pillent le temple de Cuzco le jour même où devait se célébrer leur union. Embarquée de force, elle noue ses quipos — les cordelettes nouées qui tiennent lieu d'écriture aux Péruviens — pour adresser à Aza le récit de sa captivité. Un combat naval la fait passer aux mains des Français : à bord, un jeune officier, Déterville, la traite avec un respect qui contraste avec la brutalité espagnole — et s'éprend d'elle sans pouvoir se faire comprendre.
L'apprentissage du monde
Arrivée en France, Zilia découvre un univers dont elle ignore tout : les miroirs qui la déconcertent, les codes d'une maison parisienne, une langue à conquérir. Recueillie chez Déterville, entourée de sa sœur Céline, elle continue d'écrire à Aza ; quand ses quipos s'épuisent, elle apprend à écrire en français — conquête décisive : la captive devient sujet de sa propre parole. Ses lettres deviennent alors le journal d'une découverte : Paris, ses spectacles, ses conversations, sa « politesse ».
Le regard critique
Car l'ingénue voit juste. Sous les égards qu'on lui prodigue, Zilia démonte les ressorts de la société française : le règne du paraître, où l'on sacrifie l'être à la représentation ; la toute-puissance de l'argent, qui décide des rangs et des mariages ; le sort fait aux femmes, parées, exhibées, mais privées d'instruction solide et méprisées dans le mariage même. Les lettres consacrées à l'éducation des filles comptent parmi les pages les plus audacieuses du roman : on y enseigne aux femmes le superflu et jamais l'essentiel. Le « nouvel univers » qui s'offre aux yeux de Zilia est aussi un miroir tendu aux lecteurs français.
Le double dénouement
L'amour, pourtant, structure tout le roman. Déterville, qui aime Zilia sans espoir, retrouve la trace d'Aza, passé en Espagne ; il fait aussi restituer à Zilia une partie des trésors du temple et lui offre une maison à la campagne, dont elle devient maîtresse. Mais les retrouvailles tant espérées sont une catastrophe : Aza, converti au catholicisme, aime désormais une Espagnole et considère son union avec Zilia comme impossible. Trahie, Zilia surmonte le désespoir — et surprend tout le monde : elle refuse d'épouser Déterville, lui offre une amitié durable, et choisit de vivre chez elle, libre, entre l'étude, la nature et « le plaisir d'être ». Ni mariée, ni morte, ni cloîtrée : en 1747, ce dénouement-là est une audace absolue.
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S’entraîner sur « Lettres d'une Péruvienne »
Choisissez un passage étudié en classe. Relisez-le, expliquez son mouvement à voix haute, puis justifiez votre interprétation avec deux détails du texte. Pour l’entretien, préparez une raison personnelle de votre choix d’œuvre et un passage qui l’illustre.
