Le déroulé complet du septième volume des Rougon-Macquart, publié en 1877 — celui qui a fait la fortune et le scandale de Zola. Le roman est disponible en lecture intégrale.
Ce résumé raconte la fin.
L'arrivée
Gervaise Macquart, blanchisseuse, vingt-deux ans et une jambe plus courte que l'autre, attend toute une nuit dans un hôtel meublé du quartier de la Goutte-d'Or le retour de son amant Lantier, avec qui elle a deux fils. Il ne rentre pas : il est parti avec une autre, en emportant l'argent.
Elle se remet au travail. Coupeau, ouvrier zingueur, sobre et gentil, la demande en mariage. Elle hésite, accepte, et la noce se fait au Louvre puis dans un cabaret — une des scènes les plus célèbres du livre.
La blanchisserie
Le couple travaille, économise, et Gervaise réalise son rêve : ouvrir sa propre boutique de blanchisseuse. Elle embauche, elle est respectée, elle a une fille, Nana.
Puis Coupeau tombe d'un toit. Il survit, mais ne retourne jamais travailler : la convalescence devient de l'oisiveté, l'oisiveté devient le cabaret. L'assommoir du titre est le bistrot du père Colombe, avec son alambic qui fonctionne jour et nuit au fond de la salle.
Le sommet du roman est la fête donnée par Gervaise le jour de sa fête, avec une oie rôtie et une table de quatorze personnes. Elle dépense tout ce qu'elle n'a pas. À la fin du repas, Lantier reparaît sur le trottoir. Coupeau, ivre, l'invite à entrer.
La chute
Lantier s'installe dans la maison, mange, ne paie rien, et redevient l'amant de Gervaise pendant que Coupeau boit. Les dettes s'accumulent, la boutique est vendue, la famille recule d'un logement à l'autre jusqu'à une soupente sous les toits.
Zola décrit ensuite, sans rien atténuer, la faim, la saleté, la honte. Gervaise, un soir d'hiver, descend dans la rue pour se prostituer et ne trouve personne. Coupeau meurt à l'asile Sainte-Anne, dans une crise de delirium tremens que Zola raconte sur plusieurs pages.
Gervaise meurt seule, dans un réduit sous un escalier. On met plusieurs jours à s'apercevoir de son absence.
Ce qu'il faut savoir
Le livre a été attaqué de toutes parts : par la droite pour son immoralité, par la gauche pour avoir sali les ouvriers. Zola a répondu dans sa préface qu'il avait fait le premier roman écrit dans la langue du peuple, et qu'on le lui reprochait précisément pour cela.
Notre analyse complète de L'Assommoir revient sur cette querelle. La suite du destin de Nana est racontée dans Nana.
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