Carthage après la première guerre punique, une armée de mercenaires impayés, et un voile sacré volé. Voici les personnages. Le texte est disponible en lecture intégrale gratuite et en livre audio, 11h08 d'écoute.
Cette page raconte la fin.
Salammbô
Fille d'Hamilcar, prêtresse de la déesse Tanit, élevée à l'écart du monde dans le palais de Mégara. Elle passe ses nuits sur la terrasse, entourée de servantes et d'un python qu'elle nourrit et qui dépérit avec elle.
Ce n'est pas une héroïne au sens habituel : Flaubert la peint comme une figure d'orfèvrerie, presque une statue, dont on ne sait jamais vraiment ce qu'elle pense. Envoyée dans le camp ennemi pour reprendre le voile sacré, elle se donne à Mâtho — et c'est le seul moment où elle devient un être vivant.
Elle meurt à la dernière ligne, debout, au moment où Mâtho est mis à mort, pour avoir touché au manteau de la déesse.
Mâtho
Chef libyen des mercenaires, immense et brûlant, amoureux de Salammbô dès qu'il l'aperçoit au banquet d'ouverture. C'est lui qui pénètre dans Carthage et vole le zaïmph, le voile de Tanit — sacrilège qui déclenche la guerre.
Sa fin est un des morceaux les plus atroces de la littérature française : livré à la foule, il traverse Carthage pendant que chacun a le droit de le frapper, et arrive au bout de l'avenue sans plus rien d'humain.
Hamilcar Barca
Le suffète, père de Salammbô, et le père d'Hannibal — qui apparaît ici enfant, caché pour échapper au sacrifice. Absent au début, il revient prendre la tête de Carthage et retourne la guerre par une manœuvre au défilé de la Hache, où il fait mourir de faim l'armée entière des mercenaires.
Il est prêt à tout pour la cité, sauf à donner son fils : il substitue un enfant d'esclave lors du sacrifice à Moloch.
Spendius, Narr'Havas et Autharite
Spendius, ancien esclave grec rusé et lâche, est le vrai stratège de la révolte — c'est lui qui conseille Mâtho, coupe l'aqueduc et pousse aux pires décisions. Narr'Havas, prince numide, change de camp au moment décisif et obtient la main de Salammbô. Autharite le Gaulois complète le portrait d'une armée composée de vingt peuples qui ne se comprennent pas entre eux.
Un roman d'archéologie
Flaubert a lu des centaines d'ouvrages et fait le voyage à Tunis avant d'écrire. Le résultat a été attaqué dès sa parution — Sainte-Beuve lui a reproché son étalage d'érudition, un archéologue lui a contesté ses sources, et Flaubert a répondu par deux lettres féroces.
C'est un livre difficile, volontairement étranger, où l'on ne s'identifie à personne. Il faut le prendre pour ce qu'il est : une hallucination documentée.
Pour aller plus loin
Notre analyse de Salammbô revient sur la reconstitution de Carthage et sur la querelle avec Sainte-Beuve. La version audio détaille le découpage. Les autres titres de Gustave Flaubert sont sur sa page.
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