La pièce oppose deux groupes : ceux qui vivent de la vanité de Monsieur Jourdain, et ceux qui essaient de la contourner.
Monsieur Jourdain
Marchand drapier enrichi, il veut devenir gentilhomme et paie pour cela des maîtres, des habits et des flatteurs. Sa naïveté est totale : il croit tout ce qu'on lui dit, pourvu que ce soit flatteur.
Molière le rend attachant, ce qui est essentiel. Jourdain n'est pas méchant ; il est émerveillé. Sa découverte qu'il parle en prose depuis quarante ans est le sommet comique de la pièce, mais c'est aussi un moment de joie sincère devant le savoir.
Madame Jourdain et Nicole
Madame Jourdain a systématiquement raison. Elle voit que Dorante emprunte sans rendre, que les maîtres volent son mari, que le mariage projeté est absurde. Personne ne l'écoute, et Molière ne lui donne jamais gain de cause.
Nicole, la servante, prend le relais sur le mode du rire : son fou rire en voyant son maître déguisé est l'une des entrées les plus réussies du théâtre comique.
Dorante, le vrai profiteur
Il faut y insister, car les élèves le manquent souvent : le personnage le plus condamnable de la pièce n'est pas le bourgeois ridicule, c'est le noble authentique. Dorante emprunte de l'argent à Jourdain sans intention de rembourser, et fait passer pour siens les cadeaux que Jourdain destine à Dorimène.
Molière frappe donc des deux côtés : le bourgeois qui veut acheter la noblesse est ridicule, l'aristocrate qui la vend est malhonnête.
Dorimène, marquise veuve, croit recevoir les présents de Dorante. Elle est de bonne foi, ce qui la sauve.
Cléonte et Covielle
Cléonte aime Lucile et se déclare bourgeois avec fierté — refus de mentir sur son état qui lui coûte immédiatement la main de la jeune fille.
Covielle, son valet, invente alors la comédie turque : faire passer son maître pour le fils du Grand Turc et introniser Jourdain « Mamamouchi » dans une cérémonie en langue inventée.
Les maîtres
Musique, danse, armes, philosophie : quatre parasites qui se disputent la préséance de leur art et finissent par en venir aux mains. Chacun explique que sa discipline est la plus haute, et tous s'accordent sur un point — l'argent de Jourdain.
Le dénouement
Contrairement à Tartuffe, personne ne dessille Jourdain. Il reste Mamamouchi, ravi, et tout le monde y trouve son compte. Molière constate qu'une illusion inoffensive peut arranger une famille — et ne conclut pas.
Pour l'analyse complète, voir notre analyse du Bourgeois gentilhomme et notre florilège de répliques cultes de Molière.
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