Une cour italienne minuscule, des intrigues permanentes, et une vingtaine de personnages qui changent de camp. Voici l'essentiel. Le roman est disponible en lecture intégrale gratuite et en livre audio, 14h45 d'écoute.
Cette page raconte la fin.
Fabrice del Dongo
Jeune noble milanais, enthousiaste et vaguement niais, qui part à seize ans rejoindre Napoléon. Il assiste à Waterloo sans rien y comprendre — il cherche la bataille en la traversant, se fait voler son cheval, et demande à un voisin si c'est bien une vraie bataille. C'est la scène la plus célèbre du roman, et elle a fondé une manière de raconter la guerre.
De retour, il devient malgré lui homme d'Église par calcul familial, tue un comédien en duel, est emprisonné à la tour Farnèse — et y découvre le bonheur, parce qu'il y voit Clélia depuis sa fenêtre.
Il finit archevêque, perd Clélia et leur enfant, et se retire à la chartreuse de Parme où il meurt en un an. Le titre du livre ne désigne que ces dernières lignes.
Gina, duchesse Sanseverina
Tante de Fabrice, et le vrai moteur du roman. Belle, intelligente, sans scrupule, elle aime son neveu d'un amour qu'elle ne s'avoue jamais complètement et déplace le monde entier pour lui : elle épouse un vieux duc, séduit un premier ministre, organise une évasion, et finit par faire empoisonner un prince.
Elle est le personnage que Stendhal a le plus aimé, et son échec est le sujet secret du livre : elle réussit tout, sauf à être aimée en retour.
Le comte Mosca
Premier ministre de Parme, cinquante ans, amoureux de Gina et lucide sur tout — y compris sur le fait qu'elle en aime un autre. C'est le grand personnage de politique du roman : il manœuvre, ment, se maintient, et accepte des humiliations pour rester près d'elle.
Sa jalousie discrète et sa compétence font de lui le portrait de l'homme d'État le plus juste que Stendhal ait écrit.
Clélia Conti
Fille du gouverneur de la citadelle. Fabrice la voit depuis sa cellule ; ils communiquent par signes, puis par un alphabet tracé sur des feuilles. Elle fait à la Madone le vœu de ne plus jamais le revoir — et le tient à la lettre en le recevant dans l'obscurité.
Elle meurt peu après leur enfant.
Ernest IV, Rassi et Ferrante Palla
Le prince, terrorisé par les libéraux et par sa propre police, tient la cour par la peur. Rassi, son fiscal général, est le portrait du magistrat servile qui condamne sur commande. Ferrante Palla, poète républicain et fou, exécute l'empoisonnement du prince pour Gina.
Ces trois-là forment la mécanique politique dans laquelle les héros se débattent — et Stendhal les peint avec une drôlerie constante.
Pour aller plus loin
Notre analyse de La Chartreuse de Parme revient sur Waterloo et sur la prison heureuse, et notre résumé complet suit l'intrigue. La version audio détaille le découpage. Les autres titres de Stendhal sont sur sa page.
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