Dans L’Avare, les personnages s’organisent autour de deux couples contrariés : Cléante aime Mariane ; Élise aime Valère. Harpagon, père de Cléante et d’Élise, veut pourtant épouser Mariane lui-même et donner sa fille à Anselme. Son obsession de l’argent transforme chaque projet de mariage en conflit.

Cette comédie en cinq actes et en prose de Molière, créée en 1668, se déroule à Paris, dans la maison d’Harpagon. Vous pouvez lire L’Avare en texte intégral pour retrouver les scènes évoquées ci-dessous. Attention : la dernière partie du guide révèle le dénouement.

Qui est qui dans L’Avare ? Les liens à retenir

  • Harpagon : père de Cléante et d’Élise ; amoureux de Mariane, il devient le rival de son fils.
  • Cléante : fils d’Harpagon et frère d’Élise ; il aime Mariane.
  • Élise : fille d’Harpagon et sœur de Cléante ; elle aime Valère.
  • Valère : amoureux d’Élise ; il s’est fait engager chez Harpagon pour rester près d’elle.
  • Mariane : jeune femme aimée de Cléante et d’Harpagon ; elle préfère Cléante.
  • Anselme : homme riche auquel Harpagon destine Élise. Son rôle familial se révèle à la fin.
  • Frosine : intermédiaire qui tente d’arranger le mariage d’Harpagon et de Mariane.
  • La Flèche : valet de Cléante ; il dérobe la cassette d’Harpagon.
  • Maître Jacques : cuisinier et cocher d’Harpagon ; sa querelle avec Valère provoque une fausse accusation.

Pour comprendre le conflit, distinguez les unions souhaitées par les jeunes gens des mariages décidés par Harpagon. Celui-ci veut également marier Cléante à une veuve. Les désirs amoureux se heurtent donc à la fois à l’autorité du père et à ses calculs financiers.

Harpagon : l’argent avant la famille

Veuf et père de deux enfants, Harpagon est le personnage central. Il soupçonne les domestiques de le voler, surveille ses dépenses et cache une cassette contenant dix mille écus. Son avarice domine même sa vie amoureuse : il souhaite épouser Mariane, mais hésite devant l’idée d’une épouse sans dot.

À l’acte I, il présente le mariage d’Élise avec Anselme comme une excellente affaire parce que celui-ci l’accepte « sans dot ». À l’acte IV, la disparition de sa cassette déclenche son célèbre monologue de désespoir. Le contraste fait rire : Harpagon parle de son argent avec la passion qu’un autre réserverait à une personne aimée.

Il ne suffit donc pas de le décrire comme un homme économe. Son besoin de posséder produit de la méfiance, réduit les autres à leur coût et empêche toute confiance familiale.

Cléante et Élise : deux enfants qui refusent les mariages imposés

Cléante, fils et rival d’Harpagon

Cléante aime Mariane et voudrait aider la jeune femme, qui vit modestement avec sa mère malade. Faute d’argent, il cherche un prêt. À l’acte II, il découvre que le prêteur aux conditions exorbitantes est son propre père : Harpagon reconnaît simultanément son fils dans l’emprunteur qu’il condamnait.

La rivalité devient ensuite amoureuse. Cléante affronte Harpagon pour épouser Mariane ; il finit par utiliser la restitution de la cassette comme moyen de négociation. Sa révolte mêle désir de liberté et recours aux armes financières du père.

Élise, amoureuse de Valère

Élise aime Valère, qui l’a sauvée de la noyade. Dès la première scène, elle exprime sa peur de la colère paternelle et du jugement de son entourage. Cette inquiétude ne la rend pas passive : à l’acte I, elle refuse explicitement d’épouser Anselme ; à l’acte V, elle défend Valère devant Harpagon.

Les deux enfants partagent ainsi le même obstacle, mais leurs situations diffèrent : Cléante est le rival amoureux de son père, tandis qu’Élise doit faire reconnaître un engagement qu’elle a pris sans son consentement.

Valère et Mariane : les amoureux menacés

Qui est Valère dans L’Avare ?

Valère occupe la fonction d’intendant chez Harpagon pour rester auprès d’Élise. Il flatte le maître et feint d’approuver ses principes d’économie. Ses paroles publiques peuvent donc sembler contraires à ses véritables intentions : il cherche à gagner la confiance du père de celle qu’il aime.

À l’acte V, Harpagon l’accuse du vol de la cassette. Valère croit que leur amour secret a été découvert et avoue son engagement avec Élise. Harpagon parle d’argent ; Valère parle d’amour. Ce quiproquo révèle le décalage entre leurs valeurs. Valère n’est pas le voleur de la cassette.

Mariane, au centre de la rivalité entre père et fils

Mariane aime Cléante, mais la pauvreté de sa famille la rend vulnérable au projet de mariage avec Harpagon. Lorsqu’elle découvre que le jeune homme qu’elle aime est le fils de son prétendant, le malaise devient une source de comique. Elle n’est pas l’initiatrice du mariage avec le vieil avare : Frosine sert d’intermédiaire.

Frosine, La Flèche, Maître Jacques et les personnages secondaires

Frosine sait flatter Harpagon : elle lui assure que son âge plaira à Mariane et que les habitudes économes de la jeune femme compenseront l’absence de dot. Elle espère une récompense, mais se heurte à l’avarice de son interlocuteur. Son habileté consiste à adapter son discours au désir de celui qu’elle veut convaincre.

La Flèche, valet de Cléante, supporte les soupçons d’Harpagon dès l’acte I. À l’acte IV, il prend effectivement la cassette et la remet à son maître. Ne le confondez pas avec Valère, accusé à tort.

Maître Jacques cumule les fonctions de cuisinier et de cocher. Harpagon lui demande de préparer un repas sans dépenser et de faire travailler des chevaux mal nourris. Après une querelle avec Valère, il se venge en le désignant comme le voleur. Ses fonctions et ses rancunes relient les scènes domestiques à l’intrigue finale.

La distribution comprend aussi Maître Simon, courtier du prêt ; Dame Claude, servante ; Brindavoine et La Merluche, laquais d’Harpagon ; ainsi qu’un commissaire et son clerc, liés à l’enquête sur le vol.

Anselme et la fin : comment les liens familiaux se révèlent

Cette section révèle la fin de la pièce. Anselme se révèle être dom Thomas d’Alburcy, père de Valère et de Mariane. Les membres de cette famille avaient été séparés après un naufrage. Valère et Mariane sont donc frère et sœur : cette reconnaissance permet de réunir les amoureux avec l’accord d’un père retrouvé.

Anselme accepte de financer les mariages. Cléante obtient l’accord d’Harpagon en échange de la restitution de sa cassette. Le père avare exige encore que l’on paie ses dépenses : le dénouement résout le conflit des jeunes gens, mais ne le guérit pas de son obsession.

Pour prolonger la lecture, retrouvez l’analyse comparée de L’Avare, du Tartuffe et du Misanthrope, puis les œuvres de Molière disponibles sur Vinteuil.

Texte de référence

Les personnages, leurs liens et les repères par acte ont été vérifiés dans L’Avare, édition Garnier de 1904 : liste des personnages, actes I et II, vol de la cassette à l’acte IV, quiproquo et reconnaissance à l’acte V. Le découpage des scènes peut varier selon les éditions.