Le roman oppose un grand magasin qui dévore un quartier et une vendeuse qui refuse de se vendre. Voici les personnages. Le texte est disponible en lecture intégrale gratuite et en livre audio, 12h54 d'écoute.
Cette page raconte la fin.
Denise Baudu
Elle arrive de Valognes à vingt ans avec ses deux frères à charge et pas un sou. Embauchée aux confections, elle est brimée par les autres vendeuses, renvoyée, réduite à la misère, puis reprise.
Ce qui la distingue est simple et rare chez Zola : elle refuse. Elle refuse Mouret quand il la veut comme maîtresse, refuse l'argent, refuse de partir. Non par vertu affichée mais parce qu'elle veut être respectée, et elle finit par obtenir le mariage — la seule héroïne des Rougon-Macquart qui gagne.
Elle est aussi la conscience du livre : c'est elle qui plaide auprès de Mouret pour de meilleures conditions de travail, et obtient des réformes.
Octave Mouret
Le patron. Veuf de la première propriétaire, il a transformé une boutique en machine commerciale. Il a compris avant tout le monde ce qui deviendra le marketing : les prix d'appel vendus à perte, les rayons éloignés pour faire traverser le magasin, les retours acceptés, la mise en scène des étalages, le catalogue.
Zola le dit sans détour : Mouret exploite la femme, la grise et la dépouille — et c'est une femme qui finit par le prendre.
On le trouve plus jeune dans Pot-Bouille, où il montait déjà.
Bourdoncle et les vendeuses
Bourdoncle, second de Mouret, incarne la logique pure du magasin : il veut renvoyer Denise dès le premier jour et n'admet aucune faiblesse. Clara, Marguerite et surtout Madame Aurélie, chef des confections, forment la hiérarchie interne où les vendeuses se dévorent entre elles pour quelques francs de commission.
Le personnage de Robineau, employé qui tente de résister en s'établissant à son compte, montre l'autre issue : la faillite et la tentative de suicide.
Le vieil Baudu et les petits commerçants
Oncle de Denise, drapier en face du Bonheur, il regarde le magasin grandir et ses clients disparaître. Sa fille Geneviève se laisse mourir, sa femme suit, et il ferme boutique.
Bourras, le marchand de parapluies qui refuse de vendre son immeuble et se fait démolir autour de lui, est la figure la plus mémorable de cette résistance perdue.
Madame Desforges et les clientes
Maîtresse de Mouret, elle lui a ouvert les portes du crédit et se venge en humiliant Denise dans un salon d'essayage. Autour d'elle, Zola aligne un échantillon de clientes : celle qui achète sans besoin, celle qui vole par compulsion, celle qui se ruine.
La grande scène de la vente blanche, à la fin, est le sommet du livre.
Pour aller plus loin
Notre article sur le commerce dans Au Bonheur des Dames détaille les méthodes de Mouret, et notre résumé complet suit l'intrigue. La version audio et l'ordre de lecture des Rougon-Macquart complètent l'ensemble. Les autres titres d'Émile Zola sont sur sa page.
Avez-vous des questions ?
Nos experts vous répondent !
Connectez-vous pour poser votre question.
Se connecterChargement…