Le déroulé complet du onzième volume des Rougon-Macquart, publié en 1883. Le roman est disponible en lecture intégrale et en livre audio de 12 heures et 54 minutes.
Ce résumé raconte la fin.
Une arrivée
Denise Baudu descend du train de Valognes avec ses deux frères à charge, Jean et le petit Pépé. Elle compte sur son oncle Baudu, drapier rue de la Michodière, qui lui avait promis une place.
Mais l'oncle est en train de couler : en face, le Bonheur des Dames, grand magasin dirigé par Octave Mouret, dévore le quartier. Il ne peut rien pour elle.
Faute de mieux, Denise se fait embaucher chez le concurrent, au rayon des confections. Elle y découvre la vie des vendeuses : le renvoi à la moindre faute, la morte-saison sans salaire, la concurrence entre employés, la fatigue debout douze heures par jour.
La machine
Zola alterne alors deux mouvements.
D'un côté, l'expansion du magasin : les grandes ventes de blanc, la mise en scène des rayons, les soldes, les retours gratuits, le catalogue, l'agrandissement continuel des bâtiments. Mouret a compris avant tout le monde qu'on ne vend pas des marchandises mais du désir, et qu'il faut « faire de la femme la reine du magasin » pour la ruiner.
De l'autre, l'agonie des petites boutiques d'en face, une par une, dans un ordre calculé : le marchand de parapluies Bourras s'accroche jusqu'au bout, la fille des Baudu meurt de chagrin, l'oncle ferme.
Denise
Renvoyée, réembauchée, elle monte peu à peu : vendeuse, seconde, première. Elle est la seule employée à défendre les autres devant Mouret et à proposer des réformes — repos, nourriture, participation.
Mouret la désire et ne comprend pas qu'elle résiste. Elle refuse tout : l'argent, l'appartement, la place. Le roman se termine par ce que ni lui ni le lecteur n'attendaient — il lui demande de l'épouser, et elle accepte.
Ce que la fin veut dire
Zola avait noté son intention : écrire « le poème de l'activité moderne » et faire triompher, pour une fois, la vie sur la destruction. C'est le seul roman du cycle qui se termine bien.
Cela ne l'empêche pas d'avoir montré, dans les six cents pages précédentes, ce que ce triomphe a coûté au quartier.
Pour aller plus loin
Notre analyse d'Au Bonheur des Dames et notre page d'écoute. Le même Octave Mouret est le jeune arriviste de Pot-Bouille.
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