Les Travailleurs de la mer en livre audio représente 13h19 d'écoute.

De quoi il s'agit

Guernesey, années 1820. Mess Lethierry possède le premier bateau à vapeur de l'archipel, la Durande, qui fait sa fortune et son orgueil. Son capitaine, par traîtrise, la jette sur un récif isolé, les Douvres, et disparaît avec l'argent.

L'épave tient encore, coincée entre deux rochers, avec la machine intacte. Lethierry promet la main de sa nièce Déruchette à qui la rapportera. Gilliatt, pêcheur solitaire que l'île prend pour un sorcier et qui aime Déruchette en silence, part seul.

Les deux tiers du livre sont là : un homme seul sur un rocher, pendant des semaines, qui démonte une machine à vapeur avec des outils de fortune, survit à la faim, à la tempête et à un poulpe. C'est un des grands morceaux de bravoure de Hugo.

Il rapporte la machine. Et découvre que Déruchette en aime un autre. Il organise leur mariage, les met sur un bateau, puis s'assoit dans une anfractuosité de rocher et regarde la marée monter jusqu'à ce qu'elle le recouvre.

Le roman de l'exil

Hugo l'a écrit à Guernesey, où il vivait en exil depuis quinze ans, et le livre est dédié au rocher d'hospitalité et de liberté qu'a été l'île pour lui. Sa préface annonce une trilogie sur les trois fatalités : les dogmes dans Notre-Dame de Paris, les lois dans Les Misérables, les éléments ici.

C'est aussi le livre qui a fait entrer le mot « pieuvre » dans le français courant : le terme était local, Hugo l'a popularisé, et la scène du combat a déclenché une véritable mode de la pieuvre à Paris.

Treize heures, et le format aide

Deux semaines de trajets. Le roman a la réputation d'être difficile à cause de ses digressions et de son vocabulaire maritime très technique — Hugo emploie des dizaines de termes de marine que personne ne connaît plus.

À l'écoute, ce vocabulaire cesse d'être un obstacle : on se laisse porter par la phrase sans buter sur chaque mot, et la longue partie centrale sur le rocher devient hypnotique.

Notre présentation du roman revient sur la trilogie des fatalités. Les autres œuvres de Victor Hugo, dont Les Misérables, sont réunies sur sa page.

Les premières minutes s'écoutent gratuitement, sans compte.