Le dernier roman de Hugo tient sur trois hommes et un dilemme moral. Voici qui est qui. Le texte est disponible en lecture intégrale gratuite et en livre audio, 15h17 d'écoute.

Cette page raconte la fin.

Le trio central

Hugo a construit le livre comme une figure géométrique : trois hommes, trois idées, et chacun tue ou sauve au nom de la sienne.

Le marquis de Lantenac

Chef royaliste débarqué de Grande-Bretagne pour soulever la Vendée. Impitoyable — il fait fusiller une femme dès son arrivée, ordonne des exécutions sans hésiter, et incendie une ferme avec trois enfants dedans.

C'est précisément lui qui, ayant réussi à s'échapper par un souterrain, revient sur ses pas en entendant crier la mère, et sauve les enfants des flammes — se livrant du même coup à ses ennemis. Tout le roman bascule sur ce geste.

Gauvain

Son petit-neveu, et chef des troupes républicaines qui le traquent. Jeune, idéaliste, il fait la guerre avec clémence : il libère les prisonniers, refuse les représailles.

Quand Lantenac est capturé après son sacrifice, Gauvain ne peut pas envoyer à l'échafaud un homme qui vient de sauver trois enfants. Il le fait évader et prend sa place dans la cellule.

Il est jugé, condamné par son propre maître, et guillotiné.

Cimourdain

Ancien prêtre devenu délégué de la Convention, il a été le précepteur de Gauvain et l'aime comme un fils. Il est aussi l'incarnation de la Révolution intransigeante : la loi, sans exception, quel qu'en soit le prix.

C'est lui qui préside le tribunal, lui qui donne la voix décisive pour la mort, et lui qui se tire une balle dans le cœur à l'instant précis où tombe le couperet. Hugo referme le livre sur ces deux âmes qui s'envolent ensemble.

Michelle Fléchard et les trois enfants

Paysanne dont le mari a été tué et les enfants enlevés, elle traverse tout le roman à leur recherche, hébétée, indifférente aux camps. Ses trois petits — René-Jean, Gros-Alain et Georgette — sont enfermés dans la bibliothèque de la Tourgue.

La scène où ils déchirent, page à page, un volume précieux de saint Barthélemy en riant, juste avant l'incendie, est un des plus beaux moments de Hugo : l'innocence détruisant la culture sans le savoir, pendant que les adultes détruisent tout le reste en le sachant.

Les figures historiques

Hugo met en scène Danton, Marat et Robespierre dans un cabaret, discutant de la République — chapitre autonome souvent cité, où il donne à chacun ses arguments réels sans trancher.

Pour aller plus loin

Notre article sur Quatrevingt-Treize et la Révolution revient sur la position de Hugo, et la version audio détaille le découpage. Les autres œuvres de Victor Hugo, dont Les Misérables, sont sur sa page.