Précision utile avant tout : notre catalogue propose les livres I à IV des Confessions, pas l'ouvrage complet, qui en compte douze. C'est la première partie, celle de l'enfance et de la jeunesse, et c'est aussi celle qu'on étudie le plus souvent. Elle est disponible en livre audio, dans une version de 5 heures et 30 minutes.
Une entreprise sans exemple
Rousseau ouvre son livre par une déclaration restée célèbre : il forme une entreprise « qui n'eut jamais d'exemple » et se propose de montrer un homme « dans toute la vérité de la nature », lui-même. L'ambition est nouvelle — les mémoires existaient, l'autobiographie au sens moderne, non.
Le pari est de tout dire, y compris ce qui déshonore. C'est ce qui fait la valeur du texte, et son ambiguïté : Rousseau avoue beaucoup, mais chaque aveu est aussitôt expliqué, replacé, justifié par les circonstances.
Les épisodes des livres I à IV
Le livre I contient l'enfance genevoise, les lectures de romans avec son père, l'apprentissage brutal chez un graveur, et surtout l'épisode du peigne cassé : accusé d'une faute qu'il n'a pas commise, il est puni pour ne pas avoir avoué, et il date de là son sentiment d'injustice permanent.
Le livre II raconte la fuite de Genève à seize ans, la rencontre de Madame de Warens, la conversion au catholicisme à Turin, et l'affaire du ruban volé : Rousseau, domestique, vole un ruban et en accuse une jeune servante, Marion, qui est renvoyée. Il y consacre des pages de remords qui sont parmi les plus fortes du livre — et il écrit qu'il n'a jamais osé le dire à personne pendant quarante ans.
Les livres III et IV suivent les errances, les métiers manqués, le retour auprès de Madame de Warens qu'il appelle « Maman », et les années des Charmettes.
Ce qu'il faut savoir pour un devoir
Les axes classiques : le pacte autobiographique et la question de la sincérité, la mémoire et ses défaillances — Rousseau écrit trente ans après, sans documents, et le reconnaît —, la construction de soi comme victime, et le rapport entre nature et société qui traverse toute son œuvre.
Le contresens à éviter est de lire ces pages comme un document factuel. C'est un texte de justification écrit par un homme qui se sentait persécuté, et sa vérité est celle du sentiment, pas des faits.
Pour un autre Rousseau autobiographique, plus tardif et plus apaisé, voir notre analyse des Rêveries du promeneur solitaire.
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