C'est le plus ancien texte littéraire majeur en langue française, composé vers 1100, et connu principalement par un manuscrit conservé à Oxford. Il est disponible chez nous en livre audio intégral, dans une version de 2 heures et 43 minutes.
L'histoire
Charlemagne a passé sept ans en Espagne. Le roi sarrasin Marsile propose une paix qu'il n'a pas l'intention de tenir. Roland, neveu de l'empereur, désigne son beau-père Ganelon pour porter la réponse — mission réputée mortelle.
Ganelon y voit une volonté de le perdre, et trahit. Il organise avec Marsile une embuscade contre l'arrière-garde, que Roland commandera.
À Roncevaux, vingt mille Francs affrontent des dizaines de milliers de Sarrasins. Roland refuse par trois fois de sonner l'olifant pour appeler Charlemagne, malgré les supplications d'Olivier. Quand il se décide enfin, il souffle si fort que ses tempes éclatent. L'armée arrive trop tard.
Le débat entre Roland et Olivier
C'est le cœur du poème et la raison pour laquelle on l'étudie encore. Le texte résume les deux positions en une formule devenue proverbiale : « Roland est preux et Olivier est sage. »
Roland refuse de sonner par honneur : appeler à l'aide serait avouer qu'on ne suffit pas. Olivier veut sonner par raison : il s'agit de sauver vingt mille hommes. Roland a tort et le poème ne le dit jamais explicitement — mais il fait mourir tout le monde, et Olivier, en mourant, reproche à son ami une bravoure qui a coûté l'armée.
Le texte pose ainsi, dès 1100, la question du chef qui préfère sa gloire à ses hommes.
Ce que le poème arrange
L'événement historique a eu lieu en 778, et il n'a rien à voir. L'arrière-garde de Charlemagne a bien été détruite dans les Pyrénées, mais par des Basques chrétiens, pour une affaire de pillage. Trois siècles plus tard, la chanson en fait une guerre sainte contre les musulmans, au moment précis où l'Occident prépare les croisades.
C'est un cas d'école de fabrication de mémoire, et cela fait partie de ce qu'il faut savoir avant d'en parler en classe.
Pour le collège
Au programme de cinquième. Axes fréquents : la chanson de geste et sa forme — laisses assonancées, décasyllabes, formules répétées qui trahissent l'origine orale —, les valeurs féodales (fidélité au suzerain, honneur, vengeance), la figure du traître avec le procès de Ganelon qui clôt le poème, et le merveilleux chrétien.
Moins de trois heures d'écoute, dans un texte conçu pour être chanté devant un public : c'est le format qui lui convient le mieux. Voir aussi notre analyse de Tristan et Iseut et celle du Roman de Renart pour le reste du Moyen Âge.
Avez-vous des questions ?
Nos experts vous répondent !
Connectez-vous pour poser votre question.
Se connecterChargement…