Le Discours de la servitude volontaire est un texte court, et c'est une chance : presque tout y est citable. Voici les passages qui reviennent le plus, avec ce qu'il faut en dire. Le texte est disponible en lecture intégrale, et notre fiche bac détaille le parcours « Défendre et entretenir la liberté ».

La formule centrale

« Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres. »

C'est la phrase du texte, et le paradoxe qu'elle contient est tout l'argument : la liberté ne demande pas un combat, elle demande un arrêt. La Boétie précise d'ailleurs qu'il ne réclame de personne qu'il pousse le tyran — il suffit de cesser de le soutenir, et il tombe de lui-même, « comme un grand colosse à qui on a dérobé sa base ».

À utiliser pour tout sujet sur l'action politique, la désobéissance ou la responsabilité individuelle.

Le renversement du rapport de force

La Boétie s'étonne que « tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent ».

L'argument est arithmétique avant d'être moral : le tyran est un, les autres sont innombrables. Sa force est donc une illusion entretenue par ceux qu'elle écrase.

La pyramide des complices

C'est la partie la plus fine du texte, et la moins citée. La Boétie explique que le tyran ne tient pas seul : cinq ou six hommes en tiennent six cents, qui en tiennent six mille, et ainsi de suite. Chaque étage reçoit une part du pouvoir et a donc intérêt au maintien de l'ensemble.

Cette analyse en fait un texte de sociologie politique autant qu'un pamphlet, et elle est très productive en dissertation : elle explique pourquoi la servitude dure.

L'habitude et l'éducation

« La première raison de la servitude volontaire, c'est la coutume. »

Les hommes nés serfs, dit-il, n'ont jamais connu autre chose et prennent leur condition pour la nature même. Il y ajoute la distraction organisée — les théâtres, les jeux, les farces et les banquets par lesquels les tyrans anciens endormaient leurs peuples. Le passage se cite très bien sur les sujets contemporains.

Ce qu'il faut savoir sur le texte lui-même

La Boétie l'écrit très jeune — autour de dix-huit ans selon Montaigne —, vers 1548, et ne le publie pas. Le texte circule en manuscrit, puis est publié en 1574 par des protestants qui s'en servent comme arme contre la monarchie, ce que son auteur n'avait pas prévu.

Montaigne, son ami, a renoncé à l'insérer dans ses Essais à cause de cette récupération. C'est à propos de La Boétie qu'il écrit la phrase la plus célèbre sur l'amitié — « parce que c'était lui, parce que c'était moi » — mais attention, elle appartient aux Essais, pas au Discours. La confusion est fréquente dans les copies.

Pour les sujets, voir notre guide des sujets de dissertation.