Zadig précède Candide de douze ans et pose la même question autrement. Publié en 1747, il est disponible en lecture intégrale et en livre audio de 2 heures et 12 minutes — une soirée.
Un héros qui fait tout bien
Zadig est jeune, riche, instruit, honnête et bienveillant. C'est le dispositif : Voltaire lui donne toutes les vertus pour montrer qu'elles ne le protègent de rien.
Sa science lui vaut d'être condamné — l'épisode célèbre où il décrit avec précision une chienne et un cheval qu'il n'a jamais vus, par simple déduction, le fait accuser de vol. Sa générosité lui attire des ennemis. Son amour le mène en esclavage. Chaque qualité produit un désastre.
Le conte enchaîne ainsi les revers à un rythme volontairement absurde : à peine relevé, Zadig retombe.
L'ermite, et la vraie question
Le chapitre décisif est celui de l'ermite. Zadig voyage avec un vieillard qui commet une série d'actes atroces — il vole son hôte généreux, incendie une maison, noie un enfant. À chaque fois Zadig s'indigne, et à chaque fois l'ermite explique après coup que le mal apparent produira un bien.
L'ermite se révèle être un ange et énonce la thèse providentialiste : il n'y a pas de hasard, tout est ordonné, et l'homme ne voit qu'un fragment du plan.
Et Zadig pose alors la dernière question du livre — « mais… » — qui reste sans réponse, car l'ange s'envole.
Ce que Voltaire fait de la Providence
Il ne la réfute pas ouvertement. Il la met dans la bouche d'un personnage dont les actes sont insupportables, il laisse le lecteur les éprouver, puis il coupe la conversation au moment où l'objection se formule.
C'est plus habile qu'une démonstration. Douze ans plus tard, après le tremblement de terre de Lisbonne, Voltaire ne prendra plus ces précautions et écrira Candide, où l'optimisme est démoli sans ménagement.
Lire les deux dans l'ordre montre un homme qui change d'avis, ou plutôt qui perd patience.
Pour le lycée
Axes fréquents : le conte philosophique comme forme — récit rapide, personnages sans épaisseur, Orient de fantaisie servant de masque à la critique française —, la question du mal et de la Providence, l'ironie, et la critique de la justice et des puissants.
Deux heures d'écoute, chapitres de cinq minutes : c'est le texte le plus commode du programme de seconde à réviser en marchant.
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