C'est le dernier livre que Flaubert ait publié de son vivant, en 1877, trois ans avant sa mort, et beaucoup le tiennent pour son sommet. Il est disponible en lecture intégrale et en livre audio de 2 heures et 46 minutes — l'un des rares chefs-d'œuvre qu'on écoute en une soirée.
Un cœur simple
C'est le texte que tout le monde étudie. Félicité, servante normande, traverse cinquante ans d'une vie où on lui prend tout : le fiancé qui l'abandonne, la nièce qui meurt, la fille de sa maîtresse qui meurt, le neveu marin qui meurt. Il lui reste un perroquet, Loulou.
Le perroquet meurt aussi. Elle le fait empailler, le garde dans sa chambre, et finit par le confondre avec la colombe du Saint-Esprit des images pieuses. Sur son lit de mort, elle croit voir un perroquet géant s'ouvrir au-dessus de sa tête.
Tout le débat critique tient dans une question : Flaubert se moque-t-il ? La réponse est non, et il l'a écrit — il voulait « faire pleurer les âmes sensibles » et donner à cette femme sans intelligence une vie intérieure d'une plénitude que personne autour d'elle ne soupçonne. Il l'a en partie écrit pour George Sand, qui lui reprochait sa dureté ; elle est morte avant de le lire.
La Légende de saint Julien l'Hospitalier
Un conte médiéval, écrit dans une langue volontairement archaïsante, d'après un vitrail de la cathédrale de Rouen. Julien chasse, tue, prend goût au massacre des bêtes, et un cerf lui prédit qu'il tuera son père et sa mère. Il fuit ; la prophétie s'accomplit quand même, de la manière la plus atroce.
La dernière page — Julien devenu passeur réchauffe un lépreux dans son propre lit — est l'un des sommets de la prose française.
Hérodias
Le troisième conte se déroule en Judée et raconte la décollation de Jean-Baptiste, ici Iaokanann, avec la danse de Salomé. C'est le plus difficile des trois : Flaubert y accumule les noms propres, les factions et les détails archéologiques comme dans Salammbô.
Ce que les trois ont en commun
Trois époques — le XIXe siècle, le Moyen Âge, l'Antiquité —, trois registres, et une même structure : un être est dépouillé de tout et accède, à l'instant de sa perte, à quelque chose comme une sainteté. Flaubert a construit ce triptyque comme un exercice de virtuosité, pour montrer qu'il pouvait tout écrire.
Moins de trois heures d'écoute, découpées en trois blocs indépendants d'environ cinquante minutes. Pour l'auteur, voir notre biographie de Gustave Flaubert, et pour son roman le plus célèbre, Madame Bovary en livre audio.
Avez-vous des questions ?
Nos experts vous répondent !
Connectez-vous pour poser votre question.
Se connecterChargement…