C'est le roman de Verne le plus facile à écouter, et de loin. Pas de digression scientifique, pas de catalogue : un compte à rebours de quatre-vingts jours, un chapitre par étape, et une fin qui tient dans un détail. Notre version intégrale dure 6 heures et 13 minutes — l'écoute complète tient en une semaine de trajets. Le texte est aussi en lecture intégrale.
Un mécanisme d'horlogerie
Phileas Fogg, gentleman londonien d'une régularité maniaque, parie vingt mille livres au Reform Club qu'il fera le tour du monde en quatre-vingts jours. Il part le soir même avec son domestique français, Jean Passepartout, engagé quelques heures plus tôt.
Le roman est ensuite une succession d'obstacles et de solutions : une voie ferrée inachevée en Inde, un éléphant acheté à prix d'or, une veuve sauvée du bûcher, une traversée du Pacifique, un train attaqué, un traîneau à voile dans le Nebraska, un paquebot dont on brûle les cloisons pour tenir la vapeur.
S'y ajoute l'inspecteur Fix, persuadé que Fogg est le voleur de la Banque d'Angleterre, et qui passe le roman à le suivre en essayant alternativement de le retarder et de l'aider selon l'état de son mandat d'arrêt.
Ce que Verne raconte vraiment
Pas une exploration : un éloge du réseau. En 1872, l'ouverture du canal de Suez et l'achèvement du transcontinental américain venaient de rendre l'exploit possible — Verne l'a compris avant tout le monde. Son héros ne découvre rien, il consulte des horaires. Le monde est devenu un système de correspondances, et le roman en fait un sujet d'aventure.
Fogg lui-même est un personnage remarquable par ce qu'il ne fait pas : il ne s'émerveille jamais, ne regarde rien, joue au whist pendant que défilent les continents. Toute l'émotion du livre passe par Passepartout, qui regarde à sa place.
Le coup de théâtre final
Sans rien gâcher pour qui l'ignore : la fin repose sur une erreur de calcul que Fogg n'a pas commise, et sur le sens dans lequel il a fait le tour. Verne en tire un dernier chapitre parfaitement construit, où l'on comprend que le lecteur a été trompé par une omission scrupuleusement honnête.
À l'écoute, l'effet est encore meilleur qu'à la lecture, parce qu'on ne peut pas revenir en arrière vérifier.
Ensuite
Notre analyse du Tour du monde en 80 jours revient sur la construction du récit et sur son succès théâtral, qui a rapporté à Verne davantage que le livre. Pour un roman du même auteur dans un registre plus sombre, voir Michel Strogoff.
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