Publié un an après le premier, ce second recueil est moins connu et souvent meilleur. Il est disponible chez nous en livre audio intégral, dans une version de 5 heures et 54 minutes.

La fin de l'histoire de Mowgli

Le premier volume laissait l'enfant entre deux mondes. Celui-ci referme le cycle, et il le fait durement.

Les Chiens rouges est la grande bataille du livre : une horde de dholes envahit le territoire de la meute, et Mowgli organise leur destruction en les entraînant à travers les rochers des abeilles sauvages. Kaa y joue un rôle décisif. C'est un morceau de stratégie militaire déguisé en conte animalier.

Le Printemps, qui suit, est plus étrange. Mowgli, devenu adulte, éprouve un malaise qu'il ne comprend pas et que les bêtes ne peuvent pas lui expliquer. Il finit par redescendre vers les hommes. Personne ne le retient — Baloo, Bagheera et Kaa savent depuis toujours que ce jour viendrait.

Les récits qui n'ont rien à voir

Comme dans le premier volume, Kipling intercale des histoires indépendantes. Le Miracle de Purun Bhagat raconte un haut fonctionnaire indien qui abandonne tout pour devenir ermite et qui sauve un village d'un glissement de terrain — texte étonnant sous la plume du chantre de l'Empire, puisqu'il donne raison à la spiritualité indienne contre la carrière anglaise.

Quiquern se déroule chez les Inuits, très loin de la jungle, et L'Ankus du roi traite de la cupidité par un objet qui tue tous ceux qui le possèdent.

Ce qu'on y entend

Chaque récit est encadré de poèmes, dont la Chanson d'adieu de la jungle, et Kipling y déploie un art du rythme que la traduction française rend mieux à voix haute qu'à l'œil.

Six heures, sept récits autonomes de trente à cinquante minutes. À écouter après Le Livre de la jungle, dont il suppose la connaissance.