À rebours en livre audio représente 6h18 d'écoute. Le roman est aussi disponible en lecture intégrale gratuite.

De quoi il s'agit

Jean des Esseintes, dernier rejeton d'une famille épuisée, dégoûté de Paris et de ses semblables, se retire dans une maison de Fontenay-aux-Roses pour y organiser une existence entièrement artificielle.

Il n'y a pas d'intrigue. Chaque chapitre est consacré à un domaine dans lequel il pousse son goût jusqu'à l'excès : les couleurs de son intérieur, ses fleurs choisies pour ressembler à des fausses, son orgue à liqueurs, ses parfums, sa bibliothèque latine, ses estampes de Gustave Moreau, une tortue dont il fait dorer et incruster la carapace — qui en meurt.

À la fin, l'estomac ruiné, il doit rentrer à Paris sur ordre du médecin. Le livre s'achève sur une prière désespérée.

Pourquoi il compte

Publié en 1884, À rebours a été immédiatement reçu comme le manifeste de la décadence. Huysmans, jusque-là naturaliste et proche de Zola, y rompait avec l'école ; Zola le lui a reproché, en disant qu'il portait un coup terrible au naturalisme.

C'est aussi le « livre empoisonné » que Lord Henry offre à Dorian Gray dans le roman de Wilde — jamais nommé, mais tout le monde l'a reconnu. Et Barbey d'Aurevilly a écrit que Huysmans n'avait plus le choix qu'entre la bouche d'un pistolet et les pieds de la croix ; Huysmans s'est converti quelques années plus tard.

Six heures, mais pas n'importe comment

Trois jours de trajets. Attention toutefois : c'est un livre sans histoire, fait de catalogues et de descriptions, et l'écoute distraite s'y perd vite. Il vaut mieux le prendre par petits morceaux, chapitre par chapitre — ils sont autonomes — que le laisser défiler d'une traite.

Notre article sur À rebours revient sur la rupture avec le naturalisme. On peut le prolonger par Le Portrait de Dorian Gray, qui lui doit beaucoup. Les autres titres de J.-K. Huysmans sont réunis sur sa page.

Les premières minutes s'écoutent gratuitement, sans compte.