Publié en 1864, Voyage au centre de la Terre est le deuxième des Voyages extraordinaires et sans doute le plus pur : une énigme, une descente, une remontée. Rien d'autre. Le roman est disponible en lecture intégrale et en livre audio de 6 heures et 14 minutes.
Le point de départ : un message codé
Le professeur Otto Lidenbrock, minéralogiste allemand irascible, achète un vieux manuscrit islandais d'où tombe un parchemin couvert de runes. Son neveu Axel, qui raconte, déchiffre le cryptogramme presque par accident : un savant du XVIe siècle, Arne Saknussemm, affirme être descendu au centre de la Terre par le cratère du Snæfellsjökull, en Islande.
Lidenbrock décide de partir le jour même. Axel, terrifié, obéit. Ils engagent Hans, un guide islandais taciturne dont le calme absolu sert de contrepoint comique à l'exaltation du professeur — et qui leur sauve la vie plusieurs fois sans jamais élever la voix.
La descente
Le roman prend alors son rythme propre : galeries, mesures de température, discussions géologiques, panne d'eau, égarement d'Axel seul dans le noir. Verne ne se presse jamais, parce que la vraisemblance technique est l'enjeu — chaque étape doit sembler possible.
Puis vient l'ouverture sur la mer de Lidenbrock, océan souterrain éclairé par une lumière électrique diffuse, bordé d'une forêt de champignons géants. La traversée en radeau donne les deux grandes scènes du livre : le combat d'un ichtyosaure et d'un plésiosaure à la surface de l'eau, et la découverte d'un cimetière d'ossements préhistoriques.
Le retour est aussi brutal que la descente était méthodique : une éruption les recrache par le Stromboli, en Sicile. Ils sont partis d'Islande et ressortent en Méditerranée.
Ce que Verne fabrique ici
Une science plausible en 1864, et fausse aujourd'hui — la Terre creuse était déjà contestée, mais la géologie n'avait pas tranché. L'intérêt n'est pas là. Il est dans la méthode : Verne fait raconter par Axel, le sceptique, ce que Lidenbrock affirme. Le lecteur adhère parce que le narrateur résiste.
C'est aussi un roman d'apprentissage. Axel part effrayé et rentre autre chose : la descente sous terre est une figure de l'épreuve initiatique, et Verne la mène sans jamais l'expliciter.
Par où continuer
Si vous découvrez Verne, la suite logique est Vingt mille lieues sous les mers pour l'ampleur, ou Le Tour du monde en 80 jours pour le rythme. Notre biographie de Jules Verne raconte sa collaboration avec l'éditeur Hetzel, qui a façonné toute la série, et notre article sur les romans méconnus de Jules Verne propose des pistes moins évidentes.
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