Les Misérables : résumé court

Libéré du bagne, Jean Valjean tente de devenir un homme juste après sa rencontre avec l’évêque Myriel. Il recueille Cosette, la fille de Fantine, tout en restant poursuivi par Javert. À Paris, Cosette aime Marius, engagé auprès des insurgés de juin 1832. Valjean sauve Marius, puis doit affronter la méfiance que son passé inspire encore.

Le résumé ci-dessous révèle la fin. Il suit les cinq parties du roman publié en 1862. Les numéros de parties et de livres permettent de retrouver les épisodes quelle que soit l’édition.

Dans sa préface, Hugo relie la nécessité du roman à la persistance de la misère et de l’ignorance : cette ambition sociale éclaire tout le parcours de Jean Valjean.

Publié en 1862, Les Misérables n'est pas seulement le plus grand roman de Victor Hugo — c'est probablement le roman le plus ambitieux de toute la littérature française. À la fois récit d'aventure, fresque sociale, traité politique, méditation philosophique et poème en prose, il vise rien de moins que la totalité de l'expérience humaine. Et le plus étonnant, c'est qu'il y parvient.

Première partie : Fantine

Jean Valjean sort du bagne de Toulon après dix-neuf ans de travaux forcés — cinq pour avoir volé un pain pour nourrir les enfants de sa sœur, quatorze pour ses tentatives d'évasion. Il a quarante-six ans, une force physique colossale, et une haine profonde de la société qui l'a broyé.

Rejeté en raison de son passé de forçat, Valjean est accueilli par Monseigneur Myriel, évêque de Digne. Il vole son argenterie pendant la nuit. Lorsque les gendarmes le ramènent, Myriel affirme qu’il lui en a fait don et lui remet aussi les chandeliers. Cette grâce inattendue ouvre la possibilité d’une autre vie.

Ce geste — un acte de grâce absolue, gratuit, incompréhensible — transforme Valjean. Pas immédiatement : il vole encore une pièce à un petit ramoneur, Petit-Gervais, avant de s'effondrer de honte. Mais la graine est plantée.

Huit ans plus tard. Valjean, sous le nom de Monsieur Madeleine, est devenu un industriel prospère et maire de Montreuil-sur-Mer. Il a fait fortune grâce à un procédé de fabrication de verroterie, a créé des emplois, construit des hôpitaux, secouru les pauvres. La ville le vénère.

Dans son usine travaille Fantine, qui élève à distance sa fille Cosette, confiée aux Thénardier à Montfermeil. Renvoyée de l’usine quand on découvre cet enfant, elle s’enfonce dans la pauvreté. Les demandes d’argent des Thénardier l’amènent à vendre ses cheveux et ses dents, puis à se prostituer. Elle tombe malade, tandis que Cosette est maltraitée par ses prétendus protecteurs.

L’inspecteur Javert soupçonne Madeleine d’être l’ancien forçat Valjean. Mais l’arrestation de Champmathieu, pris à tort pour Valjean, paraît lever ce soupçon. Pour sauver l’innocent, Valjean révèle son identité devant le tribunal d’Arras. Fantine meurt sans avoir revu Cosette ; Valjean reste tenu par la promesse de protéger sa fille.

Deuxième partie : Cosette

Valjean s'évade du bagne (une scène de fausse noyade d'une tension remarquable), retrouve Cosette à Montfermeil — scène inoubliable où il lui offre une poupée dans l'obscurité de Noël — et rachète l'enfant aux Thénardier. Ils fuient à Paris.

La poursuite par Javert est implacable. Valjean et Cosette se cachent dans le couvent du Petit-Picpus, où ils passeront plusieurs années en sécurité. Hugo profite de cet épisode pour une longue digression sur la vie monastique — quarante pages qui ennuient beaucoup de lecteurs mais qui contiennent des réflexions parmi les plus profondes du roman sur la prière, la solitude et le sacrifice.

Troisième partie : Marius

Cosette a grandi. Marius Pontmercy, jeune étudiant en droit, petit-fils d'un bourgeois royaliste et fils d'un officier de Napoléon, découvre la vérité sur son père et rompt avec son grand-père. Il vit dans la pauvreté, fréquente un groupe de républicains idéalistes — les Amis de l'ABC, menés par le charismatique Enjolras.

Marius aperçoit Cosette au jardin du Luxembourg et tombe amoureux. Elle aussi. S'ensuit l'une des histoires d'amour les plus pudiques et les plus tendres de la littérature — des regards, des promenades, un mouchoir laissé sur un banc. Hugo, qui pourrait en faire des pages d'analyse, choisit la simplicité — et c'est ce qui touche.

Éponine, fille des Thénardier, aime elle aussi Marius, sans être aimée en retour. Les Thénardier, désormais installés à Paris sous le nom de Jondrette, préparent un guet-apens contre Valjean. Marius découvre ainsi les liens qui unissent des personnages qu’il croyait étrangers les uns aux autres.

Quatrième partie : L’idylle rue Plumet et l’épopée rue Saint-Denis

Marius et Cosette se retrouvent rue Plumet, tandis que la menace d’une séparation grandit. La vie amoureuse rejoint l’histoire collective : l’insurrection de juin 1832 conduit Marius vers la barricade. Éponine y meurt après l’avoir protégé. Gavroche porte une lettre de Marius à Cosette, que Valjean intercepte.

L'insurrection républicaine éclate à Paris. C'est un épisode historique réel : les funérailles du général Lamarque, en juin 1832, dégénèrent en révolte. Les Amis de l'ABC dressent une barricade dans la rue de la Chanvrerie. Marius, désespéré (il croit avoir perdu Cosette), rejoint les combattants.

Cinquième partie : Jean Valjean

La dernière partie s’ouvre encore sur la barricade. Valjean y rejoint les insurgés pour sauver Marius. Gavroche meurt en récupérant des cartouches devant la barricade. Javert, démasqué comme espion, est confié à Valjean, qui le libère au lieu de l’exécuter. L’assaut final tue les défenseurs, dont Enjolras ; Marius est grièvement blessé.

Valjean charge Marius inconscient sur son dos et descend dans les égouts de Paris. Ce qui suit est une traversée dantesque — Hugo décrit le réseau souterrain avec une précision de géographe (il a consulté des plans, des rapports de voirie, des études techniques) et en fait une métaphore de la descente aux enfers. Valjean progresse dans la boue, dans le noir, avec un mourant sur le dos, pendant des heures.

À la sortie, il tombe sur Javert. Mais Javert, cette fois, le laisse partir. Le policier est brisé : sa vision du monde — le bien d'un côté, le mal de l'autre, la loi au-dessus de tout — ne tient plus face à cet homme qui est à la fois un forçat et un saint. Javert se jette dans la Seine. Sa mort est l'un des passages les plus philosophiquement vertigineux du roman : un homme qui préfère mourir plutôt que de vivre dans un monde où ses certitudes sont fausses.

Marius guérit et épouse Cosette. Après avoir révélé son passé de forçat à Marius, Valjean s’éloigne progressivement du couple. Marius découvre finalement, grâce aux révélations involontaires de Thénardier, que Valjean lui a sauvé la vie. Cosette et Marius le rejoignent et se réconcilient avec lui avant sa mort. Les chandeliers de Myriel accompagnent ses derniers instants.

Ce que ce roman est vraiment

On réduit souvent Les Misérables à l'histoire de Valjean. C'est bien plus. C'est un plaidoyer pour tous ceux que la société broie : les pauvres, les prisonniers, les prostituées, les enfants abandonnés. Hugo ne fait pas de la politique partisane — il fait de la politique au sens le plus noble : il demande au lecteur de regarder ceux qu'il ne voit pas.

La thèse du roman est dans la préface : tant que la misère existera, des livres comme celui-ci seront nécessaires. Hugo croit que la littérature peut changer le monde — pas en donnant des solutions, mais en ouvrant les yeux. Et la question fondamentale qu'il pose — un homme peut-il changer ? — reçoit une réponse absolue : oui. Radicalement, totalement, irréversiblement oui. C'est la raison pour laquelle, cent soixante ans après, on pleure encore en lisant ce livre.

Comment aborder le roman

Le roman fait environ 1 500 pages. C'est intimidant. Quelques conseils. D'abord, vous pouvez sauter les digressions à la première lecture — Waterloo (livre I de la deuxième partie), les égouts (livre II de la cinquième partie), les couvents — sans perdre le fil narratif. Mais vous y reviendrez, parce que ces digressions contiennent souvent les pages les plus brillantes.

Vous pouvez répartir ce long roman en séances régulières, par exemple en suivant ses livres et ses chapitres. Trente ou cinquante pages par jour, pas plus. Laissez les personnages vous habiter. Et si après le premier volume (« Fantine »), vous êtes happé, le reste suivra naturellement.

Pour une biographie complète de Hugo, lisez notre article. Et si Les Misérables vous a marqué, enchaînez avec Notre-Dame de Paris ou Les Contemplations.

Lire Les Misérables dans l’ordre des cinq parties

Sur Vinteuil, le texte est réparti en cinq fiches. Voici l’ordre pour lire le roman :

  1. Fantine
  2. Cosette
  3. Marius
  4. L’idylle rue Plumet et l’épopée rue Saint-Denis
  5. Jean Valjean

Pour retrouver les liens familiaux et les rôles de chacun, consultez aussi notre guide des personnages des Misérables. Si vous préférez écouter, commencez par Fantine en livre audio ; la fiche indique les conditions de l’extrait et de l’écoute complète.

Sources : texte et table des cinq parties des Misérables. Pour situer la barricade, voir la table de la cinquième partie, Jean Valjean : livre I, « La guerre entre quatre murs ». La réconciliation finale appartient au livre IX.