Les extraits de la première partie viennent du récapitulatif de votre professeur. Les questions ci-dessous servent à vous entraîner : elles ne prédisent pas celles de l’examinateur. Retrouvez aussi notre méthode de l’oral : déroulement, explication linéaire et entretien.

Le roman de Simone Schwarz-Bart est au programme 2027 avec le parcours « Tisser les mémoires, habiter le monde ». Publié en 1972, il n'est pas dans le domaine public et ne figure pas dans notre catalogue : il faut se le procurer en librairie. Notre fiche bac en donne la structure et les axes.

La difficulté propre à ce texte

La langue. Schwarz-Bart écrit un français traversé de créole — tournures, rythmes, proverbes, images — sans jamais basculer dans le patois ni dans la traduction. C'est une langue construite, et c'est le premier objet d'analyse en lecture linéaire.

Concrètement : repérez les proverbes et les formules de sagesse, les comparaisons empruntées au monde végétal et animal, les phrases qui suivent une syntaxe orale plutôt qu'écrite. Un candidat qui ne parle que du contenu, sans jamais commenter cette langue, plafonne.

La lecture à voix haute compte deux points, et elle est ici particulièrement discriminante : ces phrases ont un rythme, et il faut l'entendre.

Les passages les plus donnés

L'incipit, où la narratrice affirme que le pays dépend du cœur de celui qui l'habite — la déclaration de méthode du livre entier.

Les pages consacrées à Reine Sans Nom, la grand-mère, et à la transmission de ce qui permet de tenir debout.

La dégradation d'Elie, où l'on voit la violence conjugale naître de l'humiliation sociale, sans que le roman excuse quoi que ce soit.

Et la mort d'Amboise pendant la grève, moment où le livre devient explicitement politique.

L'entretien

Le parcours donne la direction : les mémoires sont tissées, c'est-à-dire faites de fils multiples — la lignée des femmes Lougandor, l'esclavage jamais nommé mais toujours présent, les savoirs de Man Cia, le travail de la canne.

Deux angles solides. D'abord la filiation féminine : Télumée ne se raconte jamais seule, elle se raconte comme le dernier maillon d'une chaîne. Ensuite la question de savoir ce que veut dire habiter un pays dont l'histoire est celle d'une déportation.

Évitez de plaquer le vocabulaire du roman d'apprentissage européen : le livre ne raconte pas une ascension mais une manière de tenir.

Voir aussi notre guide des personnages et nos sujets de dissertation.